Longue vue, ligne d’air or in german Eine Fulftline was born from my initial reaction to the place : a radical desire to get rid of the thick inner walls of the Kunstverein, to break open these artificial borders and recover space for physical motion and visual breathing. Questioning frontiers is obviously touchy in Offenburg: How can one cross existing boundaries? Abolish or feel them in different ways? How should one look for otherness? Our elders from opposing armies developed optical instruments to spy on the other side’s movements, and bring otherness into their own reality; today, we tend to produce dialogic devices in order to invent a space where some sort of interaction can possibly be. I believe that shifting the way a site is perceived can be the ultimate aim of sculpture. Tying shape to physical space, to preexisting drawings and volumes, and echoing buried memories of the place. Views along the air modifies the walls’ impact – simultaneously palpable and disappearing–, redesigns space, changes its balance. The line of air is an invisible borderline that the visitor may cross at any time, may visualise, may gaze at or through, or may follow, using it as an optical instrument offering different points of view… A line of air materialises via a sculptor’s action: by removing matter, an absence condenses in the interplay between the walls, the mirrored glass tubes and the light that feeds life. _____ Longue vue, ligne d’air est née d’une réaction directe au lieu: un désir radical d’éliminer les épais murs intérieurs qui cloisonnent l’espace du Kunstverein et de trouver une circulation visuelle et physique moins contrainte par ces frontières artificielles. Naturellement la question des frontières est sensible ici, à Offenburg: comment passer au travers des lignes instaurées? Abolir les frontières ou les appréhender de manière différente? Comment regarder l’altérité? Si nos ainés des armées adverses ont développé des instruments optiques, des longues vues pour épier les mouvements de l’autre et rapprocher l’autre côté de sa propre réalité, nous produisons aujourd’hui plus volontiers des dispositifs dialogiques, permettant d’inventer l’espace où quelque chose se crée de l’interaction. Modifier la perception que l’on a d’un site m’apparaît être l’aboutissement d’un travail de sculpture: il s’agit de travailler à un dialogue formel avec les dessins et les volumes préexistants mais aussi de faire surgir les résonnances issues des mémoires sous-jacentes du lieu. Longue vue, ligne d’air modifie l’impact des murs – à la fois plus présents et abolis – elle dessine une libre perspective dans l’espace et en déplace tout l‘équilibre. La ligne d’air s’apparente à une frontière invisible que le visiteur peut à tout moment traverser, considérer, visualiser ou observer de l’intérieur, mais également suivre et utiliser comme un dispositif optique et une proposition de points de vue… La ligne d’air apparaît par le geste sculptural: un retrait de matière, un creux rendu tangible par seule la tension des matériaux en présence – mur et verre miroité – et de la lumière en jeu.

Longue vue, ligne d’air / Eine Luftline I 2013

Specific-sited set-up, 7 silvered glass tubes running through the walls,
diameter: 75 mm, angle: 6,5°, total length: 43,5 m